Tendons de la coiffe des rotateurs
Rupture dégénérative ou traumatique : comprendre le diagnostic, savoir quand la chirurgie s'impose et comment se déroule la réparation arthroscopique.

La coiffe des rotateurs est l'ensemble des tendons qui coiffent la tête de l'humérus et permettent de lever et de tourner le bras. Sa rupture est l'une des causes les plus fréquentes de douleur d'épaule après 45 ans.
Cinq tendons
La coiffe est constituée de cinq tendons :
- Le supra-épineux — le plus souvent rompu, il initie l'élévation du bras.
- L'infra-épineux — rotateur externe principal.
- Le petit rond — rotateur externe, situé en arrière et en bas.
- Le subscapulaire haut — rotateur interne, partie supérieure, déterminante pour le centrage de la tête humérale.
- Le subscapulaire bas — partie inférieure du subscapulaire.
Le tendon du long biceps chemine au milieu de cet ensemble et participe accessoirement à la stabilité. Il est très souvent source de douleur et fait partie intégrante du geste chirurgical.
Pourquoi les tendons se rompent-ils ?
- La rupture dégénérative — de loin la plus fréquente. Le tendon s'use progressivement avec l'âge, sur un terrain favorisé par le tabac, le diabète et les gestes répétés bras en l'air. L'installation est lente, la douleur souvent nocturne.
- La rupture traumatique — après une chute, un port de charge brutal ou une luxation. Elle survient sur un tendon jusque-là sain et justifie une prise en charge plus rapide, car le tendon se rétracte et le muscle s'infiltre de graisse avec le temps.
Le délai compte, surtout après un traumatisme. Un tendon rompu récemment se répare mieux qu'un tendon rétracté depuis deux ans. Devant une épaule brutalement faible après une chute, il ne faut pas attendre.
Comment le diagnostic est-il posé ?
L'examen clinique teste chaque tendon séparément et recherche une perte de force, pas seulement une douleur. Il est complété par :
- Radiographies de face et de profil — indispensables, elles évaluent la hauteur de l'espace sous-acromial et recherchent une arthrose associée.
- Échographie — examen de première intention, opérateur-dépendant.
- IRM ou arthroscanner — précisent l'étendue de la rupture, la rétraction du tendon et la dégénérescence graisseuse du muscle, deux éléments déterminants pour l'indication.
Faut-il forcément opérer ?
Non. Beaucoup d'épaules porteuses d'une rupture deviennent indolores avec un traitement bien conduit : rééducation ciblée sur les muscles restants et le centrage de la tête humérale, adaptation des gestes, infiltration lorsqu'elle est indiquée. La chirurgie est envisagée si la douleur ou la perte de force persistent malgré ce traitement, ou d'emblée devant une rupture traumatique récente chez un patient actif.
La réparation arthroscopique
L'intervention se déroule entièrement sous arthroscopie, par quelques incisions de moins d'un centimètre, à l'Hôpital Albert Schweitzer de Colmar, le plus souvent en ambulatoire. Le tendon est libéré, sa qualité évaluée, puis réinséré sur l'os à l'aide d'ancres. Selon la situation, le geste comprend aussi le traitement du long biceps et une acromioplastie.
Les suites
- Immobilisation 4 semaines, le temps de protéger la cicatrisation du tendon sur l'os.
- Rééducation avec un kinésithérapeute proche de votre domicile, d'abord passive puis active.
- Consultation de contrôle à 4 semaines.
- Récupération de la force sur 4 à 6 mois, parfois davantage.
- Reprise du sport en général entre 4 et 6 mois selon la discipline.
La cicatrisation d'un tendon sur l'os est un phénomène biologique lent : la patience pendant les premières semaines conditionne le résultat final.
Coiffe des rotateurs : Colmar, Strasbourg, Sélestat, Mulhouse
Consultations au cabinet d'Obernai, interventions à Colmar. Les patients viennent de Strasbourg, Sélestat, Mulhouse et de l'ensemble du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.
Coiffe des rotateurs : vos questions
Non. Un tendon rompu ne se recolle pas spontanément à l'os. En revanche, une épaule porteuse d'une rupture peut devenir indolore et fonctionnelle grâce à la rééducation : c'est pour cela que toutes les ruptures ne sont pas opérées.
L'immobilisation dure 4 semaines, le temps de protéger la cicatrisation du tendon sur l'os. La rééducation passive débute pendant cette période.
À 4 semaines, à la fin de l'immobilisation. C'est à ce moment que le protocole de rééducation est réévalué et que la reprise progressive du travail musculaire est autorisée.
Cela dépend du poste. Un travail sédentaire peut souvent reprendre après la période d'immobilisation, un travail de force ou avec les bras au-dessus de l'horizontale plutôt vers 4 à 6 mois. L'arrêt est adapté en consultation.
Ce n'est pas obligatoire, mais une imagerie récente est indispensable. Une radiographie de face et de profil est le minimum utile ; l'IRM ou l'arthroscanner est prescrit ensuite si l'examen clinique fait suspecter une rupture tendineuse.