Instabilité et luxations de l'épaule
Après une première luxation ou devant une épaule qui lâche : le bilan osseux détermine la technique de stabilisation.

L'épaule est l'articulation la plus mobile du corps, et donc la plus exposée à l'instabilité. Après une luxation, les structures qui retiennent la tête humérale en avant sont lésées et l'épaule peut se déboîter à nouveau, de plus en plus facilement.
Luxation, subluxation, appréhension
- La luxation — la tête humérale sort complètement de la glène et nécessite une réduction.
- La subluxation — l'épaule se déplace puis se replace seule, avec une sensation de dérobement.
- L'appréhension — le patient évite certains gestes, typiquement bras en abduction et rotation externe, par crainte que l'épaule ne parte.
Pourquoi stabiliser ?
Chaque luxation abîme un peu plus l'os : la glène s'érode en avant, la tête humérale se creuse d'une encoche (lésion de Hill-Sachs). Plus les épisodes se répètent, plus la perte osseuse s'aggrave et plus la réparation devient complexe. À long terme, les luxations répétées favorisent l'arthrose de l'épaule.
Le risque de récidive dépend surtout de l'âge. Il est très élevé avant 25 ans, notamment chez les sportifs pratiquant un sport de contact ou d'armé du bras, et diminue nettement après 40 ans — où la luxation s'accompagne en revanche plus souvent d'une rupture de la coiffe des rotateurs.
Le bilan avant décision
L'examen clinique recherche l'appréhension et évalue l'hyperlaxité. Il est complété par des radiographies et surtout par un scanner ou un arthroscanner, qui mesure précisément la perte osseuse glénoïdienne et l'encoche humérale. C'est cette mesure qui détermine la technique.
Les trois techniques
| Technique | Principe | Indication type |
|---|---|---|
| Bankart arthroscopique | Réinsertion du bourrelet glénoïdien et retension des ligaments antérieurs, sous arthroscopie | Perte osseuse absente ou minime, patient sans sport de contact intensif |
| Butée de Latarjet | Transfert de la coracoïde sur le bord antérieur de la glène : effet de butée osseuse et effet de sangle du tendon conjoint | Perte osseuse significative, échec de Bankart, sport de contact |
| DAS Dynamic Anterior Stabilization | Fixation du tendon du long biceps sur le bord antérieur de la glène, en passant à travers le subscapulaire — geste entièrement arthroscopique | Situations intermédiaires, notamment lésion du long biceps associée |
Les suites
- Écharpe de durée variable selon la technique retenue.
- Rééducation progressive : récupération des amplitudes, puis renforcement, puis travail proprioceptif.
- Consultation de contrôle à 6 semaines.
- Sports sans contact vers 3 mois, sports de contact et d'armé vers 5 à 6 mois.
Instabilité de l'épaule en Alsace
Consultations à Obernai, chirurgie à l'Hôpital Albert Schweitzer de Colmar. Les sportifs de Strasbourg, Sélestat et Mulhouse y sont régulièrement pris en charge.
Instabilité : vos questions
Pas systématiquement, mais le risque de récidive est très élevé chez le sujet jeune et sportif — il dépasse 70 % avant 20 ans. Chez ces patients, une stabilisation précoce est souvent proposée pour éviter l'usure osseuse liée aux luxations répétées.
Sur le bilan osseux. Un scanner évalue la perte osseuse de la glène et l'encoche humérale. Peu ou pas de perte osseuse oriente vers un Bankart arthroscopique ; une perte significative vers une butée de Latarjet ; certaines situations intermédiaires relèvent de la stabilisation dynamique antérieure.
La DAS, ou Dynamic Anterior Stabilization, consiste à fixer le tendon du long biceps sur le bord antérieur de la glène en le faisant passer à travers le subscapulaire. Le tendon devient un frein dynamique à la luxation. Le geste est entièrement arthroscopique.
Oui. La reprise des sports sans contact se fait généralement vers 3 mois, les sports de contact et d'armé du bras plutôt vers 5 à 6 mois, après validation clinique et travail proprioceptif.
Oui, cela peut correspondre à une instabilité mineure ou à des subluxations. L'appréhension bras en abduction-rotation externe est un signe évocateur. Un bilan clinique et radiologique permet de faire la part des choses.